Pour faciliter la pénétration d’une pointe dans le bois ou dans la corne des pieds d’une vache

Pour cela, nos anciens passaient au préalable la pointe dans la graisse, soit dans le pissot (la verge) du cochon tué l’année précédente et pendu au plafond, soit dans un trou créé dans le manche du marteau où on mettait de la graisse. Parfois les menuisiers passaient la pointe dans leurs cheveux gras.

Sur la photo ci-dessous, on voit au ferrador de Payrac le marteau utilisé pour mieux planter les clous dans le sabot des vaches pour tenir les fers placés aux vaches qui servaient aux travaux des champs.

 

marteau

 

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La conservation des châtaignes sous forme de castanhos (/castagnous/)

 

Pour assurer la conservation des châtaignes pour l’hiver, on les transforme en castanhos (/castagnous/). On les passe d’abord dans le secador (/sécadou/), qui est un petit bâtiment, établi à l’écart des maisons. Sur son plafond intérieur, en liteaux à claire-voie, on entasse les châtaignes sur une épaisseur jusqu’à trente à quarante centimètres. Au rez-de-chaussée, en dessous, sur un foyer ouvert, on entretient pendant quinze à vingt jours, et en permanence, un feu de souches sans flammes. Les émanations sèchent lentement les fruits au passage, avant de s’échapper par des trous du bâti.

C’était un bâtiment très typique de la vie autrefois. Un sécador a été construit récemment à Payrac et est en fonctionnement chaque année.

sécadou

Aquarelle de Marie-Reine Azéma

Ensuite, on prend les châtaignes, avec leurs enveloppes un peu écaillées et on les passe d’abord dans un premier appareil où s’opère une séparation de la châtaigne et de son enveloppe.

Sans titreBernard Astruc et Marcel Cauquil  en action

Enfin, on passe le tout au ventador (/bentadou/) pour récupérer les châtaignes desséchées sans leur enveloppe. Ce sont les castanhos.

Sans titre 1

Bernard Astruc, Claude Bousquet et Marcel Cauquil en action pour cette dernière phase

L’utilisation des castanhos

Les castanhos pouvaient être utilisés tout l’hiver. Chez nous, on lui cuisait et ensuite on les mangeait  en dessert écrasés aux quels on ajoutait du lait.

À Canac ou dans la vallée du Jaur, on les cuisait et on en faisait aussi une salade en les mélangeant avec de la mâche ou d’autres plantes sauvages en hiver.

Crus, on les mettait dans la bouche et on les suçait comme des bonbons.

Dans la vallée du Jaur on en faisait de la farine, qui, mélangée pour moitié à de la farine de blé, permettait de faire des crêpes ou du pain.

Bernadette Pons et Marcel Cauquil m’ont dit, que chez nous, on en donnait aux agneaux et aux petits veaux pour faciliter leur croissance.

L’ortie une plante sauvage à mieux connaître

Lors de l’élaboration du texte sur les plantes sauvages que l’on pouvait manger en salade, Claude Sèbe m’a envoyé ce message : « Je suis étonné que l’ortie ne soit pas dans votre liste, elle était consommée dans les soupes, c’est un véritable trésor de santé, elle contient des protéines équilibrées en acides aminés, autant de calcium que le fromage, trois fois plus de fer que les épinards, huit fois plus de vitamine C que les oranges, mais aussi une quantité importante de silice, du magnésium, du bore, du zinc, du sélénium etc…. »

Il a tout à fait raison de mettre en avant cette plante urticante qui suscite souvent le rejet. L’utilité de l’ortie dépasse le domaine de l’alimentation des hommes. C’est l’objet de cette page du blog.

Voici donc l’ortie, ortic ou ortiga en occitan, et Urtica dioïca, en latin. Elle tire son origine du mot latin urere : brûler. Le mot dioïca vient du grec « à deux maisons », car cette plante est à sexes séparés : des pieds mâles portant les fleurs mâles et des pieds femelles portant les fleurs femelles, et donc les graines.

L’ortie aime bien les terrains azotés et humides, elle pousse abondamment près des maisons ou des maisons abandonnées. Ce phénomène, avec la présence de graines d’orties, est un indicateur, dans une recherche archéologique, d’une ancienne présence humaine à proximité.

Son pouvoir irritant

Les poils situés sur la face supérieure des feuilles sont des pointes de silice qui pénètrent la peau en se brisant au moindre contact et répandent un liquide (histamine, acide formique, acétylcholine et sérotonine ), ce qui irrite la peau. L’histamine est un venin analogue à celui des guêpes, ce qui provoque des rougeurs.

L’acide formique et l’histamine étant solubles dans l’eau, l’ortie pique moins par temps de pluie. Desséchée, hachée finement ou cuite, l’ortie perd son pouvoir irritant.

Je ne peux établir un document sur les orties, sans penser à ma grand-mère, Philippine Guibbert-Gos de Nages. Cette femme dont la gentillesse infinie n’avait d’égale que la totale discrétion, me laisse le souvenir d’une véritable addiction au ramassage des orties.

C’était la reine de l’ortie. Elle les ramassait avec ardeur à pleines mains nues sans se faire piquer, en prenant la plante en remontant et en ne touchant que le dessous des feuilles. Comme elle passait une heure par jour à ce travail, elle devait être immunisée, car si on touche le dessus de la feuille d’une plante voisine, on se pique. Je dédie donc cette présentation à ma chère grand-mère.

philippine

Philippine Guibbert-Gos

L’ortie dans l’assiette

L’ortie est riche en toutes sortes d’éléments comme nous l’a rappelé Claude Sèbe en introduction..

J’ai vu mettre quelques orties dans la soupe, comme on ajoutait des feuilles de poireaux. La mémoire rapporte aussi qu’on faisait des omelettes avec des orties vertes, comme on le fait aujourd’hui avec des asperges. Hachée finement, l’ortie peut être utilisée comme le persil. Il faut éviter les vieilles feuilles, car elles sont plus dures et plus râpeuses, et contiennent des minéraux sous forme de cristaux qui peuvent abîmer les reins.

Jean-Louis Fabre m’a indiqué: « Quand nous avons nos petits-enfants, ma femme mélange des orties à la purée de pommes de terre, histoire de leur faire deviner de quoi il s’agit ».

En faisant des recherches sur internet, il est frappant de voir autant de recettes, où l’imagination se donne libre cours. L’ortie a un impressionnant club de supporters qui en font une plante miracle. A Murasson, il y a une personne qui fait de la confiture d’orties.

Dans l’ouvrage consacré à la Maison Hérail, Rémi Chabbert indique que l’ortie sert à donner la teinte verte à l’absinthe.

Un outil pour le châtiment corporel

Il y avait aussi une menace terrible : se faire frictionner le derrière avec des orties. Mon père parlait avec une telle horreur d’une friction que lui avait infligée sa mère que je ne me suis jamais aventuré à expérimenter l’exécution de cette menace, quand j’étais l’objet de ses remontrances.

Dans le même ordre d’idées, on raconte qu’à Bonabou-le-Haut, un étranger était de passage un soir et il avait eu envie d’aller faire un besoin. C’était du temps où il n’y avait ni toilettes intérieures, ni éclairage ! On lui dit : « Oh ! ici, il n’y a qu’un endroit où vous pouvez aller » et on lui désigne dans le noir un carré d’orties, où il se rend et se frotte ensuite avec les plantes à portée de la main. Après le pauvre homme a compris sa douleur ! C’était une façon de faire une blague, que l’on raconterait inlassablement dans les veillées.

 

Le détergent pour faire la vaisselle

Ma grand-mère faisait la vaisselle en rinçant les assiettes avec les orties, le liquide piquant ayant une action un peu comme le jus de citron.

A L’Acapte, on nettoyait les bouteilles en les remplissant d’orties et d’eau et en remuant fortement.

 

Pour faire baver les escargots

On les met dans une caisse remplie d’ortie et la bave reste accrochée à l’ortie.

 

L’aliment pour le bétail

Dans la cour de la ferme de Narulle, où j’ai grandi, il y avait un immense espace couvert d’orties. Elles servaient surtout comme aliment pour le bétail, après avoir passé ces plantes au hache-orties. Je me souviens de ces moments délicieux à tourner la manivelle, avec le bruit régulier des quatre lames qui tranchaient les feuilles. Mélangée avec du son, l’ortie hachée était incorporée à la pâtée. C’était bon aussi bien pour le cochon, pour les canards que pour les poules. La littérature indique que la feuille d’ortie active la ponte des poules.

Dans les fermes où il y avait des brebis, on faisait de la recuite ou bros (prononcer /brouss’/). En coupant très menues les feuilles d’ortie et en ajoutant du bros, on faisait un mélange apprécié par les tout-petits canards. Cet aliment était donné aussi aux dindons pour éviter la maladie du rouge.
Sans titre

Hachoir à orties Lo Trissador

A L’Acapte, on se souvient qu’on coupait des orties et on les faisait sécher pour les donner aux poules en hiver afin qu’elles pondent davantage.

Francis Bonnet m’a indiqué que « l’ortie est une source de nourriture pour les chenilles de nos plus beaux papillons (la Belle Dame, le Vulcain, la Petite Tortue, le Gamma, la Carte Géographique, etc.), la disparition des papillons vient de la disparition des plantes nourrissant les chenilles, « mauvaises herbes » qu’on fait tout pour supprimer ».

Plante médicinale

L’ortie est connue pour ses propriétés médicinales. L’ortie est un tonique général : elle redonne force, courage et vitalité.

Elle est connue d’abord pour lutter contre les rhumatismes. En effet diurétique et drainante, elle permet de lutter contre les douleurs articulaires, les lumbagos, les sciatiques et la goutte. Autrefois, on frottait avec une poignée d’orties les parties du corps atteintes de rhumatismes ou d’arthrite. Marcel Cauquil se souvient avoir vu une personne se frictionner les doigts avec des orties pour guérir les maux dans ses articulations.

Ensuite, c’est un tonique du système urinaire : elle est utilisée pour le drainage hépatique et rénal, et elle aiderait en outre à combattre les calculs urinaires.

Dans l’Antiquité, on lui prêtait des vertus hémostatiques, c’est-à-dire d’arrêter les hémorragies.

La littérature contient la liste des maladies que l’ortie peut aider à soigner : diarrhée, angine, asthme, saignements de nez, diabète, anémie, décalcification, rachitisme, affections de la peau, amygdalites, aphtes, inflammations des gencives.

Thierry Danneels m’a précisé : « Comme beaucoup de plantes possédant des caractéristiques irritantes voire empoisonnées, elles sont utilisées à petite dose notamment pour l’action inverse. Concernant l’Urtica, elle a sa place dans l’homéopathie mais aussi dans un gel allopathique qui calme les irritations et les piqûres, particulièrement d’insectes. J’ai testé ce dernier et il est efficace rapidement. »

Pour le jardin et le purin d’ortie

Marcel Cauquil a fabriqué du purin d’ortie fermenté, comme engrais ou insecticide, par effet répulsif (il est très efficace contre les pucerons du haricot). Ce purin est issu de la macération dans l’eau d’orties hachées dans une comporte ou une barrique pendant dix à vingt jours à l’abri de la lumière (on attendait que les feuilles aient complètement pourri). Le purin d’ortie peut également servir d’activateur de compost. La littérature indique qu’il peut aussi être herbicide, si la macération a été plus longue. Attention à l’odeur !

Le purin d’ortie a été interdit de fabrication, de vente et de diffusion en 2006 en France, mais il est à nouveau autorisé depuis un arrêté de 2011, suite au Grenelle de l’Environnement.

Sans passer par le purin d’ortie, on peut avoir un excellent engrais vert en mettant des branches d’orties dans le sillon creusé pour planter les légumes.

Quand, il plante des tomates, Aimé Ginieis ajoute quelques rameaux d’ortie, pour protéger la plante des maladies, comme le mildiou.

La fibre textile

La littérature indique l’utilisation de cette plante pour faire autrefois des toiles d’ortie, mais la mémoire locale n’en a plus souvenance.

Sans titre

Orties

 

 

Pèire Thouy indique :
J’ajouterais que certains toponymes font état de la présence d’orties:
Col de l’Ourtigas (Ortigàs) dans de département de l’Hérault ou encore Lourtiguié (l’Ortiguièr) dans le département du Tarn.

De plus, dans ma panoplie pharmaceutique, j’ai de l’ortie broyée après séchage au four, que j’utilise donc en poudre pour arrêter une hémorragie (nasale ou autre).
Sans oublier le suc de racines d’ortie pour les soins du cuir chevelu sinon des cheveux.
 

La cueillette gratuite des salades dans une Nature généreuse

Autrefois, les repas dans les fermes commençaient immanquablement par un potage au repas de midi et par une salade pour le repas du soir.

Pèire Thouy nous rappelle l’origine du mot salade. Una salada est un mélange amb de sal, avec du sel. En français, le terme de salade désigne parfois une plante, une herbe (laitue, chicorée…) mais c’est une dérive abusive !

Pendant la belle saison, on allait chercher la salade au jardin. Mais en dehors de cette saison, il fallait aller dans la Nature chercher les plantes de substitution.

L’objet des développements qui suivent est de détailler le biaïs de nos Anciens pour cette cueillette sans culture.

 

Mâche ou doucette, doçeta, (Valerianella locusta)

Elle se mange en salade crue et est très bonne. Faiblement calorique, elle est recommandée pour les régimes alimentaires. Elle calme la faim et est très utile pour le transit intestinal. Elle contient beaucoup d’Oméga 3.

Pousse bien par les chaumes, et si vous en trouverez sur les tertres des champs, regardez bien ses abords où elle peut être abondante. Pour des raisons mystérieuses, elle peut être très abondante ou absente, comme pour bien d’autres plantes.

doucette

Pourpier, portolaiga (Portulaca oleracea)

Se mange cru en salade.

Le pourpier est une plante succulente, qui fait penser à une plante grasse avec de jolies fleurs aux couleurs toujours très vives.

pourpier

Pissenlit, cicorèia ou cicorèia de prat, (Taraxacum officinale)

Les feuilles de pissenlit sont très riches en vitamines C. Elles sont consommées crues en salade, avec leurs boutons de fleurs. Le pissenlit a deux saisons : le printemps et l’automne. Cuites, elles relèvent bien une omelette ou un potage. Avec les fleurs elles-mêmes, on peut faire une succulente confiture ou même une liqueur.

Le pissenlit officinal peut être utilisé comme complément à la médecine conventionnelle, pour ses vertus diurétiques (d’où son autre nom vernaculaire le Pisse-au-lit).

Les racines peuvent être dégustées crues en salade. Torréfiées elles étaient ajoutées au café. On appelait également cette plante la chicorée. Ou en occitan latsairos.

chicoree

La pâquerette, pascaleta (Bellis perennis)

La pâquerette pousse dans les prairies et les fleurs peuvent se manger en salade, créant une belle décoration, mais aussi quand elles sont en bouton, donc avant la floraison.

Cette plante résiste bien aux tontes répétées des herbes. D’où l’expression « au ras des pâquerettes ».

paquerette

Laiteron, lachera, (Sonchus arvensis)

C’est une mauvaise herbe très courante qui ressemble au pissenlit en étant plus piquante. On mangeait autrefois les jeunes plantes en salade, cuites (c’est-à-dire cuites à l’eau et ensuite passées à la poêle). Elle sert aussi de nourriture aux lapins domestiques.

laiteron

Scorsonère des marais, aganel de sanha

A L’Acapte (à côté de Villelongue sur la commune de Nages) Marcel Cauquil a la mémoire de ces plantes poussant au bord d’un ruisseau et recouvertes en curant les besals ou beals. On les récupérait ensuite comme des endives. La racine se mange comme un salsifis.

aganel

La Bryone dioïque, tuquièr salvatge (Bryona dioïca)

Les jeunes pousses sont ramassées au printemps et mangées cuites à l’eau avec une pomme de terre agrémentées d’une vinaigrette. On pouvait aussi les manger en omelette.

Les graines rouges sont très toxiques. On le trouve communément dans les haies.

tuquier

Le tamier commun ou herbe aux femmes battues , vinha negra (Tamus communis) (il ne faut pas confondre la plante, la vinha negra ou encore lo tamisièr avec les nouvelles pousses los reponchons, terme qui concerne donc les jeunes pousse de plusieurs espèces de plantes)

Le tamier commun est une espèce de plante grimpante dont on ramasse les pousses (reponchons) comme on le fait pour les asperges. On le trouve dans des sous-bois, par exemple dans l’Aveyron.

On consomme les pousses au printemps, blanchies, en salade. Les pousses ramassées servent aussi à faire des omelettes.

Comme son nom vernaculaire l’indique (herbe aux femmes battues), on l’utilisait en cataplasme pour soigner les ecchymoses et les hématomes, mais attention les baies sont très toxiques.

 

repountchou

Carline à feuilles d’acanthe, cardabèla, lòca, (Carlina acanthifolia)

Les Carlines sont des plantes herbacées épineuses proches des chardons. Les fleurs s jaunes sont tubulées et forment un disque au centre très séché qui s’ouvre ou se ferme suivant la température ou l’hygrométrie.

On ramasse les carlines assez jeunes et le cœur se cuit et se mange comme celui de l’artichaut. Certains le mangeaient cru sur place ou cuit à la poêle comme des pommes de terre. Attention, sa cueillette est interdite, en effet les landes sèches étant en raréfaction, on pourrait facilement par ramassage abusif éradiquer cette plante sur les Monts de Lacaune.

Au-dessus de la porte d’entrée, certaines personnes posaient chaque année une carline séchée. C’est une plante aujourd’hui protégée.

carline

Note de Philippe Durand :  Carline est le nom commun français du genre botanique Carlina, et désigne toutes les espèces de ce genre.

Plusieurs espèces de Carlines ont une grande taille, mais une seule est strictement acaule, à grand capitule en disque aplati, à fleurs jaunes entourées de bractées dorées et d’une grande couronne de feuilles épineuses, plaquées au sol, qui la font ressembler à un soleil radieux: Carlina acanthifolia subsp cynara. C’est celle que l’on rencontre dans nos régions, car l’autre sous-espèce avec laquelle elle pourrait être confondue, Carlina acanthifolia subsp acanthifolia, ne se trouve en France qu’à l’est du Rhône.

En occitan, et en particulier sur les Grands Causses où elle est parfois abondante, Carlina acanthifolia subsp cynara est appelée Cardabèla (prononcer « cardabèlo ») refrancisé sous le nom de Cardabelle. En occitan, « carda » , du latin « carduus », désigne le chardon et autres espèces proches d’aspect, comme la Cardère (Dipsacus fullonum) dont les capitules d’une sous-espèce à épines crochues étaient autrefois utilisées pour le cardage des fibres textiles.

Cresson, cresson, (Rorippa nasturtium-aquaticum)

Il se ramasse dans les ruisseaux, dans des mares ou des pesquiers. Il se mange cru en salade. Francis Bonnet indique : « Attention : le Cresson de fontaine peut être porteur de la douve du foie dans les parties ou les ovins vont boire, c’est une maladie dangereuse pour l’homme. » Francis Vidal se souvient que son père a toujours refusé de manger du cresson, même acheté à cause de la douve. Il n’est donc pas conseillé de ramasser du cresson sauvage, à moins d’être sûr qu’en amont, aucun ovin ou bovin y pisse !

cresson

Chardon, caucida

Les pousses tendres pouvaient être mangées en salade.

À l’Acapte, Marcel Cauquil ne se souvient pas en avoir mangé, mais sa mère en ramassait et les cuisait pour les donner à manger aux cochons.

 

chardon

Claude Sèbe apporte cette précision : « Le terme vernaculaire chardon regroupe plusieurs plantes de nombreux genres. Les genres Carduus, Cirsium, Silybum sont ceux  dont on peut consommer les jeunes pousses crues, les tiges tendres cuites ou la base des fleurs comme pour l’artichaut.

La photo ci-dessus me paraît être un cirse commun, ci-dessous la liste des espèces comestibles de ces trois genres.

Circium vulgare   Cirse commun

Cirsium arvense   Cirse des champs

Cirsium eriophorum   Cirse laineux

Circium oleraceum Cirse potager ( qui n’a pas d’épines )

Circium palustre Cirse des marais

Circium spinosissium   Cirse épineux

Circium tuberosum Cirse tubereux

Carduus crispus chardon crépu

Silybum marianum chardon marie ( très utilisé en phytothérapie ) »

Henri Mas attire notre attention sur une tradition encore vivace

« Ensuite, on consomme en salade des brotets ou reguitnons de choux. Il s’agit de la sommité florifère des repousses de choux (fourragers) avant que les fleurs n’éclosent. Il suffit de porter à ébullition ces jeunes pousses puis de les préparer avec une vinaigrette et de les accompagner, selon les situations, de pommes de terre vapeur et d’œufs durs. »

Aimé Balssa cite aussi :

Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) : feuilles succulentes et cassantes ; loge dans les vieux murs.

Petit houx ou fragon (Ruscus aculeatus) : on consomme les pousses au printemps, blanchies, en salade. Il améliore la circulation sanguine (cf Cyclo 3).

Salsifis – Barbabouc (Tragopogon pratensis) : on mange les jeunes pousses en salade au printemps

Cardamine hirsute ou Cressonnette (Cardamina hirsuta) : on mange les jeunes feuilles poussant au printemps dans des lieux humides ; goût piquant du cresson et légèrement poivré.