LE BIAÏS DU CORDONNIER DE BOISSEZON

Regardez !

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LE LANGAGE DES CLOCHES DES ÉGLISES : D’APRÈS LA MÉMOIRE TOUJOURS VIVANTE D’ESPÉRAUSSES

L’angélus
Il est sonné trois fois par jour. C’est une prière à la Vierge, l’Ave Maria, récitée trois fois.
L’origine remonterait au synode de Caen en 1061. C’est en 1742 que Benoît XV fixe
la prière des trois angélus quotidiens et, plus près de nous, le pape Léon XIII fixe par décret la manière de pratiquer cette dévotion et les indulgences qui s’y rattachent.

La messe
Ici, à Espérausses, la messe est célébrée le samedi soir une fois par mois.
Un quart d’heure avant l’office, les cloches sonnent, invitant les fidèles à venir prier.
Comme pour l’angélus, on donne un coup de grosse cloche, un coup de petite cloche
(à la volée) sans interruption pendant environ un quart d’heure ; au bout de ce temps, un coup de grosse cloche est donné pour avertir que le début de la messe est proche ; environ cinq minutes plus tard, deux autres coups de grosse cloche sont encore donnés puis, cinq minutes après, trois coups pour informer que la messe va commencer incessamment. Enfin, lorsque le prêtre sort de la sacristie et arrive à l’autel, le sonneur donne trois coups de la grosse cloche : l’office commence.
Le bas du clocher, endroit d’où l’on tire sur les cordes des cloches et où se tient Cricou
durant l’office, se trouve juste en face de la sacristie : Cricou observe donc les mouvements du prêtre et synchronise ses mouvements aux siens.
Déroulement de la messe
Au moment de la consécration de l’hostie et du vin, le sonneur sonne un coup de cloche pendant que les enfants de chœur sonnent avec la clochette : trois coups de cloche séparés avant l’élévation de l’hostie, puis plusieurs coups séparés de grosse cloche pendant que les enfants sonnent trois coups de clochette. Enfin, quand le prêtre fait la génuflexion devant l’hostie, il sonne un coup de grosse cloche, les enfants sonnent trois coups de clochette. Même rituel pour l’élévation du calice contenant le vin.
Ces sonneries permettent aux fidèles qui ne peuvent se déplacer à l’église, pour des raisons de santé par exemple, de prier et de suivre les moments importants de l’office.
Cette pratique remonte au XIIe siècle; elle aurait été abandonnée depuis quelques décennies pour laisser place à un simple coup de sonnette à l’intérieur de l’église.

Décès
Dès qu’une personne est décédée, la famille (catholique) avertit le sonneur. Celui-ci
sonne le glas après chaque angélus jusqu’au jour de l’enterrement. Le but de la sonnerie du glas est d’informer les habitants du village.
Le glas diffère selon qu’il s’agit d’un homme, d’une femme, d’un enfant, d’un prêtre !
Pour une femme : 2 coups de grosse cloche, puis un coup de petite cloche, lents et séparés.
Pour un homme : 3 coups de grosse cloche, puis un coup de petite cloche, lents et séparés.
Pour un enfant : 1 coup de grosse cloche, puis un coup de petite cloche, assez rapides et à la suite.
Pour un prêtre : 3 coups de grosse cloche, puis deux coups de petite cloche, lents et séparés.
Semaine Sainte et Pâques
A partir du jeudi saint, les cloches ne sont plus sonnées, même pour un décès : silence
et respect du calvaire du Christ. C’est à ce moment qu’elles « partent à Rome » et ce jusqu’au jour de Pâques où « elles reviennent » au moment du Gloria pendant la messe de Pâques.
Elles sonnent alors sans interruption durant cette prière. Cette sonnerie symbolise le retour de la joie et la renaissance : Résurrection du Christ. On dit alors que « les cloches sont revenues », chargées de friandises pour les enfants qu’elles ont laissé tomber dans les jardins.

Nadalet
Le Nadalet est sonné huit jours avant Noël, soit à compter du 17 décembre jusqu’au 24 décembre avant la messe de minuit. Tous les soirs, deux heures après l’angélus, les cloches sont sonnées sans interruption (comme l’angélus : un coup de grosse cloche, un coup de petite) pendant vingt minutes, voire une demi-heure.
Cette sonnerie symbolise le temps de joie de Noël qui approche, succédant au temps de l’Avent pendant lequel il est demandé de faire des efforts (sur soi-même et envers les autres) en vue de se préparer à la fête de la Nativité. (« Préparons-nous à recevoir l’amour de Jésus. »).

Toussaint
La procession au cimetière est accompagnée de la sonnerie du glas (3 coups et 1).

Fêtes carillonnées et différents événements heureux font aussi l’objet de sonneries de cloches : mariages et baptêmes.

RÉFÉRENCE SONNEUR DE CLOCHES, UNE TRADITION CAMPANAIRE ENCORE EN USAGE À ESPÉRAUSSES PAR ROSE-MARIE RICARD-JACQUÉ (Cahier de Rieumontagné n° 71 de juillet 213)

QUELQUES NOUVELLES RECETTES DE BIAÏS DE NOS ANCIENS

Question : Comment faire un meuble qui a l’air ancien ? On prend des vieilles planches que l’on sable.

Questions : Comment se doter d’un frein supplémentaire ? En traînant derrière le vélo un fagot de branches !

Question : Pourquoi un forgeron pouvait devenir arracheur de dent ? Lorsqu’on avait une dent à arracher, on allait chez le forgeron. On attachait solidement la dent à l’extérieur et forgeron qui s’est saisi d’un fer rouge fait mine de l’envoyer sur la joue du patient qui par un sain réflexe fait un vif mouvement qui engendre l’enlèvement de la dent.

Question : Pourquoi achetait-on de la graine de lin dans les fermes ? pour faire des cataplasmes afin de soigner des affections puonaires.

Question : Comment mieux conserver la saucisse dans un bocal ? Après avoir garni le bocal de saucisse, on allume un morceau de coton et on ferme vite. Par effet ventouse le tout est hermétique.

Question : Comment dissuadait-on les voleurs de bois ? Un trou discret dans une bûche bois et un peu de poudre, le voleur n’y revenait pas.

LA CRÉATION DES FRESQUES DE TASTAVY

Tastavy est un hameau se trouvant sur la commue de Nages près de Lacaune. Au cours des prochains jours, a lieu la réalisation de cette fresque .

Après une mise en place des sujets dans la demi-coupole de l’abside, dessin au fusain et à l’ocre (sinopia), le travail à fresque à débuté le jeudi 18 mai.
Vous pourrez voir sur place le travail réalisé dès l’ouverture du presbytère de Tastavy.

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Sinople

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Voilà la description que fait l’artiste de la coupole : Dans la demi-coupole, le buste du Christ apparaît dans sa gloire entouré des quatre Vivants ; il tient la Parole ouverte avec une question qu’il pose à ses disciples et à laquelle Pierre va répondre ( Matthieu 16 – 15)

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Ci-après, le reniement de Pierre
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Ci-après, le premier miracle de Pierre au début du livre des actes (Actes chapitre 3)
Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.
On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône.
Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! »
L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.
Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent.
D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. »
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Ci-après, au centre une « Hétimasie », qui est le trône qui va recevoir l’Agneau immolé dans l’Apocalypse. Sorti de son contexte, ce thème met l’accent sur ce trône qui est aussi un autel sur lequel est posé la Parole, c’est à dire Christ (Prologue de Jean), sur laquelle vient se poser l’Esprit Saint.
Ce thème illustre le sacrifice agréé, c’est à dire celui du Christ mort pour notre rachat, avec les instruments de la Passion, la croix étant vide car Christ est ressuscité.
De part et d’autre Adam et Eve illustrent le vieil homme qui a chuté mais qui, par le sacrifice à la croix pour le pardon des péchés, va devenir une nouvelle créature
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Pour voir le travail de Micha voici une vidéo

Enfin, vous pouvez consulter le blog de Micha Greschny :http://atelier-greschny.over-blog.com/

Le changement de décor dans notre paysage : les résineux plantés dans les années 1960 et aujourd’hui exploités Retour sur la vision des choses lors des années de plantation

Lors de la période de déprise agricole, dans les années 1960, et en vue de pouvoir planter de grandes surfaces, l’administration a joué un rôle actif pour inciter les propriétaires à se regrouper dans de nouvelles structures, les groupements forestiers. Elle a accordé des prêts ce qui permettait, sans apport des propriétaires, de planter les zones en voie d’abandon, dont de nombreux terrains communaux.
Il est intéressant de revisiter la vision de l’époque et la communication faite par l’État pour inciter à un changement qui s’est traduit par l’apparition de vastes surfaces de résineux jusque là totalement absentes du paysage. Peu après, les plantations étaient devenues, pour une trentaine d’années, des lieux à cueillette de champignons : cèpes et lactaires.
Aujourd’hui, il est intéressant de faire un retour en arrière sur ces années 1960 pour se rendre compte de l’évolution de la vision des choses depuis cette époque.
Chaque époque est porteuse d’une vision dominante, à l’époque chercher une utilisation optimale des terrains, en faisant miroiter une richesse future pour les propriétaires et la création de multiples emplois. Précédemment, il y avait un sapin ou épicéa ici ou là que son propriétaire utilisait pour avoir du bois lorsqu’il fallait faire une réparation à la maison. C’était un bien précieux. Aussi, pour le maire de Nages de l’époque, Gustave Théron, comme pour mon père qui était devenu son adjoint, ces plantations étaient porteuses d’un avenir radieux un demi-siècle plus tard. Nous y sommes et si les revenus ont le mérite d’exister, ils ne sont pas mirobolants. Il en est de même sur le plan de l’emploi. Rétrospectivement, je suis heureux d’avoir, lors de mon entrée à la mairie de Nages en 1974, d’avoir mis un terme à une politique qui me paraissait abusive, en remettant en cause la plantation de La laouzéto et de Tsaquarello. Ce qui nous permet d’avoir de magnifiques landes de bruyère, à côté de la Maison de Payrac.
Aujourd’hui le consensus se fait autour de plus de biodiversité, on passe des épicéas plantés quasi systématiquement à des plantations plus diversifiées, douglas, mélèzes, feuillus. Également à noter l’omniprésence de la crainte du changement climatique, dont la teneur en gaz carbonique est tenu pour responsable : d’où les plantations favorisées comme capteurs de gaz carbonique.
Voici un film réalisé alors, où on voit, non sans émotion, les anciens que les plus anciens d’entre nous ont connus.

La mémoire des loups : la reconstitution d’une fosse à loups à la Maison de Payrac

Une fosse à loup vient d’être reconstituée à côté de la Maison de Payrac. Cette opération a été réalisée, non pour capturer des loups, mais pour que le visiteur découvre un type d’installation qui existait autrefois dans notre secteur.

Le thème des loups dans notre montagne a été abordé dans plusieurs Cahiers de Rieumontagné. Dans un long article, « Procédé de capture des animaux » Francis Vidal (1) décrit les moyens d’éliminer les loups, soit en empoisonnant des morceaux de viande, soit avec un fusil. Des primes étaient offertes à ceux qui avaient tué une bête.
Un rapport du « préfet » du Tarn (qui était alors l’ancien conventionnel de Lacaune, Joseph Terral) de 1796, porte sur l’élimination des loups (2). Ce rapport rappelle une préoccupation de nos ancêtres et leur volonté de voir disparaître ces animaux. Mais le principal intérêt de ce texte est de relever les conséquences de la totale dévalorisation de la monnaie révolutionnaire. Les primes n’ayant aucune valeur, les paysans n’avaient plus aucune incitation réelle à opérer des captures. (Napoléon a su ramener la confiance dans la monnaie officielle en créant, en 1803, le franc germinal).

Les témoignages sur les dégâts des loups
Un article de presse (3) indique un incident survenu à Montalet en 1857 :
« Dans la soirée du 27 juillet le troupeau de la métairie Saint-Pierre de Vidals, située au pied du Montalet, s’étend rendu à son étable comme à l’ordinaire, le berger s’aperçut que le nombre de bêtes n’était point au complet. Il fut tenté d’abord d’aller à leur recherche, mais, la nuit étant survenue, on remit au lendemain à faire des fouilles dans la forêt.
Au point du jour après avoir pénétré dans les taillis, on trouva 14 brebis mortes, 6 grièvement blessées et 4 à peine entamées ; c’était 24 victimes du loup. Cette perte est d’autant plus regrettable que la métairie Saint-Pierre de Vidals appartient à la sœur Marc, les revenus en sont donnés par cette digne religieuse aux pauvres de Lacaune. Ce sera autant en moins pour cette œuvre de bienfaisance.
Les habitants qui ont parcouru les lieux en temps de neige, prétendent qu’il n’y a qu’un loup dans la forêt ou du moins ils n’ont aperçu les traces que d’un seul de ces animaux. »
Cette sœur Marc possédait par héritage La Borio des Vidals. Elle a légué cette propriété à une nièce, dont les petites-filles Solignac l’ont vendue à plusieurs propriétaires en 1918. C’est pour cela qu’elle est aujourd’hui morcelée.

Robert Calas rapporte deux histoires (vraies) de loup racontées par sa mère, Maria, de Rieumontagné (5) :
– Quand elle était enfant (elle était née en 1904) elle se souvient d’avoir vu un homme passer de maison en maison avec un loup mort qu’il portait sur l’esquina ou autour du cou. Il était de coutume que les paysans fassent un don à celui qui les débarrassait de ces derniers prédateurs… et le père Boutes donna la pièce.

– Vers 1900, le grand-père maternel (père de ma grand-mère Marie Razimbaud de Montégut) s’en alla vendre quelques brebis à la grande foire d’automne d’Olargues. N’ayant pas liquidé la totalité de ses fedas il s’en revint, comme à l’aller, par les sentiers et autres chemins de chèvres. Dans le bois de Lause, il s’aperçut qu’un loup s’approchait du petit troupeau. Le prédateur faisait de brèves incursions à droite puis à gauche pour apeurer les brebis. Le pastre rassembla les bêtes à ses côtés et, menaçant le loup de son bâton et sans le quitter des yeux, il fit le reste du parcours jusqu’à Montégut à reculons. Arrivé à la maison à la nuit tombée, il rentra les fedas dans la bergerie où il s’écroula épuisé de fatigue et de peur.

Jérôme Garcia (6) rapporte aussi : « Les loups restaient encore menaçants dans les bois de la Ramasse jusqu’au début du XIXe siècle, où une note des registres municipaux nous apprend que le 14 prairial de l’an XIII (3 juin 1805), Jean François Vialet, Joseph Sagnes et Pierres Sablairoles, agriculteurs de Canac, apportèrent à la Mairie « sept louveteaux qu’ils avaient pris hier dans le bois de la Ramasse », pour obtenir la récompense accordée à une telle prise. Le dernier loup y aurait été tué en 1867 lors d’une battue. »

La destruction au fusil
Nous avons des témoignages de la mémoire orale sur la destruction avec des fusils :
Marcel Cauquil et Gérard Rascol (5) : « Un troupeau de génisses a été attaqué par une meute de loups à Salvaget. Le propriétaire de ce troupeau est descendu de Paris avec de la strychnine. La meute a été décimée, mais un loup a survécu. Il a été abattu par l’arrière-grand-père de Gérard RASCOL de Pontis. Celui-ci était parti de nuit à l’espèra (affût) du lièvre à un carré de choux qu’il avait au col de la Sagne Longue. Quand il entendit un grelot, c’était une brebis suivie d’un loup. Il tira le loup et ramena la brebis noire à Pontis. Le loup, mortellement blessé a été finir ses jours vers Le Margnès. Cela devait se passer vers 1890. »
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Le fusil de la famille Rascol qui a tué le loup. (fusil à pierre transformé en fusil à pistons, chambre calibre 12 et sortie calibre 24, à ce qu’à entendu dire Gérard Rascol)
Alain Bousquet à Cambiès : « Mon grand-père, Joseph Barthés m’a raconté qu’il avait participé en 1914 à la chasse du dernier loup abattu dans la Bernadelle. »

Les fosses à loup
.Mais la plupart des témoignages portent sur la mémoire des captures dans des fosses.
Alain Robert (4) dans « Les loups dans notre région » rappelle la préoccupation de nos ancêtres à ce sujet, les mesures prises pour éliminer ces animaux et l’existence d’un piège à loup près de Rouvières.

Jérôme Garcia a publié un article Les fosses à loups de la Ramasse, à Boissezon-de-Matviel (6) Il explique très bien le fonctionnement de ces fosses : Avant l’arrivée des fusils de chasse et des pièges à mâchoires au XVIIe siècle, le moyen le plus sûr de capturer un loup était les fosses. Celles de la Ramasse se situent au lieu-dit Les Louatières, non loin du Col de Ramio, sur la partie haute et plane du bois. En effet, leurs emplacements n’étaient pas choisis au hasard. Elles étaient disposées sur les lieux de passage des loups, soit sur des crêtes, soit à mi-pente, soit dans le fond d’une vallée car cet animal préfère se déplacer sur un terrain assez horizontal : Il avance au trot et donc n’aime pas les fortes pentes. De plus, il va vers les sommets pour hurler.
Les fosses mesuraient près de 2 mètres de diamètre, et 3 mètres de profondeur. L’intérieur était bâti en pierre sèche, et l’ouverture était moins large que le fond, pour empêcher le loup de prendre des appuis pour s’enfuir. Les fosses étaient ensuite recouvertes de branchettes, puis de fougères et de feuilles, et un appât vivant était attaché sur une branche au centre de l’ouverture. L’appât était généralement un canard, une poule, ou une oie. Des pieux pouvaient être plantés au fond de la fosse pour augmenter les chances de capture, mais ils risquaient d’abîmer la peau qui perdrait de sa valeur. En effet, les loups étaient capturés à cause des dégâts qu’ils occasionnaient, pour l’attrait des primes, mais aussi pour la vente de leur peau. D’ailleurs, ils étaient généralement tués par pendaison, ce qui avait pour effet d’hérisser le poil, rendant ainsi la fourrure plus belle. Pour ce faire, ils pouvaient être remontés de la fosse avec un lasso coulissant placé au bout d’une perche.
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Schéma de Jérôme Garcia

Près du Soulié, Alain Robert a photographié

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Les restes d’une fosse à loup (qui était bien plus profonde)

Références

1- Francis Vidal ; Procédés de capture des animaux ; Cahier de Rieumontagné, N°37, CRPR, p.25 ; janvier1998.
2- Robert Pistre ; Joseph TERRAL, un lacaunais député à la Convention ; édition du CRPR, p.173 ; 2010.
3- Journal de Toulouse ; Un loup sur le Montalet ; Edition du 3 août 1857 ; Médiathèque Rosalis, Toulouse.
4- Alain Robert ; Les loups dans notre région ; Cahier de Rieumontagné, N°19, CRPR, p.10 ; juillet 1991.
5- Alain Robert et Robert Pistre Les derniers loups (Cahier de Rieumontagné, N°76, CRPR, p.6 ; janvier 2016).
6- Jérôme Garcia Les fosses à loups de la Ramasse, à Boissezon-de-Matviel (Cahier de Rieumontagné, N°76, CRPR, p.4 ; janvier 2016).

Les originales garennes à lapins de Moulin-Mage

Cette note a été faite d’après un article de Francis Vidal paru dans Les lieux de la mémoire II (CRPR rieumontagne.free.fr/)

Dans la région de Moulin-Mage, beaucoup d’habitants avaient créé une petite installation très originale chargée de récupérer les lapins sauvages.
Il s’agit d’une construction cubique qui n’est autre qu’un piège. À partir de terriers naturels, les lapins sont captés et guidés vers une galerie artificielle en bois qui traverse la dite construction. La base de cette galerie est munie de deux trappes basculantes, dans la traversée de la construction.
Lorsque les lapins se déplacent dans leurs terriers, ils arrivent dans la galerie et passent sur les trappes qui basculent, les projetant dans le vide. Les lapins tombent au sol et se retrouvent prisonniers dans l’enceinte. Pour le propriétaire de l’installation, il lui suffaisait d’ouvrir la petite porte de la construction et de facilement capturer vivant l’infortuné gibier.
La porte était fermée à clé pour éviter qu’un tiers ne vienne facilement se servir. Chacun était en effet très jaloux de sa garenne.
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Photo de la garenne de Ceren par Francis Vidal