HOMMAGE À MICHEL RICARD UNE SOMMITÉ APICOLE NATIONALE EN LIEN AVEC NOTRE MONTAGNE

La grande famille de la Société Centrale d’Apiculture a la douleur de perdre récemment Michel Ricard, qui a été son président de 1996 à 2005. Michel Ricard avait des liens avec notre montagne tarnaise dans la région de Lacaze.

Michel a animé avec passion la SCA, notamment les cours d’apiculture du rucher école du jardin du Luxembourg, pendant près de 40 ans.

Cet homme a participé à quantité de rencontres, congrès et manifestations, qui lui ont permis de tisser des liens avec tous les acteurs et les organisations apicoles, et ont fait de lui un personnage reconnu dans le monde de l’apiculture. Il est venu faire une intervention remarquée à Payrac. C’était pour nous, à Rieumontagné de compter un tel homme dans nos interlocuteurs privilégiés.
Michel Ricard a publié Je fais mon mie (Editions Hachette)
Le manuel complet et accessible, est destiné à l’apprenti apiculteur en milieu urbain ou rural. Les abeilles, la pollinisation, les produits de la ruche, le matériel indispensable à l’apiculteur, l’entretien de la ruche au quotidien, la récolte du miel : tous les thèmes sont abordés pour acquérir les connaissances de base et réussir son premier rucher.

Sa fille nous a transmis ces montages vidéos où on le voit avec ses amies, les abeilles.

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LES CINQUANTE ANS DU BARRAGE DU LAOUZAS

En 1966, le barrage du Laouzas a été mis en eau, détournant les eaux du versant atlantique pour les turbiner sur le versant méditerranéen, profitant d’une chute de 625 mètres. La puissance engendrée par le barrage est de 100 MW.
Notre commune de Nages a vu 300 hectares de prés et de champs submergés par les eaux. En contrepartie, les bords du lac du Laouzas sont devenus des lieux touristiques.
Sophie Fourès, une amoureuse de notre pays, qui a ses attaches à Murat a monté un film montrant la construction de ce barrage, au début des années 1960.

VOIR LA PUBLICATION SUIVANTE :
LAOUZAS – FRAÏSSE – MONTAHUT, histoire de l\’aménagement hydroélectrique EDF
L’auteur de la publication est: Robert CALAS
La date de parution est: 2ème trimestre 2016
Cette publication est en vente au prix public de : 25.00 euros (25.00 euros pour les adhérents)rieumontagne@ccmlhl.fr
Ces prix ne comprennent pas les frais de port.
Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy est venu inaugurer ce cinquantenaire. On le voit ci-dessous avec Francis Cros et ses élèves du collège de Lacaune qui ont travaillé sur ce thème.

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LE 17 JUIN 2017 À NARULLE : UNE JOURNÉE DES MOULINS TRÈS PRISÉE

Le moulin de Narulle a été magnifiquement restauré depuis peu. Le CRPR a, en particulier grâce au concours de Louis Bessière,effectué une restauration de ce moulin datant de plus de quatre siècles.
Lors de la journée des moulins, Alain Robert, le président du CRPR, fait une présentation de ce moulin. Claude Rouanet, un amoureux du moulin, assure une visite des installations en action.
Le moulin de Narulle a fonctionné sur le plan économique jusqu’en 1930. Après cette date et jusqu’en 1971, il n’a servi que comme instrument d’appoint au fonctionnement de la ferme, en triturant les céréales avant de les donner à manger aux animaux.
Quand le moulin était en exploitation, les paysans apportaient les sacs de seigle ou de blé et repartaient avec le produit de la mouture, en payant une redevance au sac traité. Ce qui créait un soupçon de sincérité : le meunier n’aurait-il pas gardé une pelletée de farine pour lui ? Deux proverbes occitans traduisaient cette méfiance :
Cambias de molin, cambias pas de coquin ! Tu changes de moulin, tu ne change pas de coquin !
Entre un curat sens maliçia Entre un curé sans malice
Una femna sens caprici Une femme sans caprice
E un molinièr fidèl Et un meunier fiable
Tres anges dins lo cièl ! Trois anges dans le ciel !

Les photos qui suivent permettre de comprendre la visite.En ce qui concerne le biaïs, il y avait deux points cruciaux :
Comment assurer la liaison entre la poutre et l’axe portant la turbine et la meule tournante ? Avec une pièce en bronze la crapaudine qui permet à l’axe de tourner et en répartissant la charge sur une plus grande surface permet à la poutre de supporter le poids de tout ce qui lui est lié.
Comment rétablir la planéité de la meule fixe, suite à une usure différentielle de la roche ? Avec une règle enduite de suie, on noircissait les aspérités à abolir et ensuite avec un coin en fer coincé dans un marteau, on enlevait les aspérités. Il était nécessaire d’avoir un coin très dur produit pas un forgeron très expérimenté dans la trempe adéquate.
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Alain Robert assure une présentation dumoulin de Narulle
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Claude Rouanet montre la tine (réservoir d’eau) d’alimentation du moulin
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Claude montre les meules du moulin et la caisse destinée à recevoir la farine
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Claude règle l’écartement de la meule fixe et de la meule tournante en agissant sur le positionnement de la poutre qui supporte l’axe porteur.

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Au-dessus des meules la caisse à grains et le chevalet qui fait tomber les grains

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Claude devant le bluttoir (la baruta (/baruto/) qui sert à séparer le son et la farine

UNE RÉACTION D’ANCIENS DE CHEZ NOUS

Le Biaïs local
C’est avec intérêt qu’Odette et moi, avons pris connaissance des divers points traités sur ton blog. La plupart d’entre eux nous sont connus, quelquefois de manière légèrement différente. Certains me rappellent des souvenirs tellement gravés dans ma mémoire que je ne peux résister au plaisir de les rappeler ici.
Petit train de Murat : C’était la première fois que je montais dans un train, c’était en 1943, j’avais 13 ans, nous allions mon père et moi à Roquecourbe à une communion. A l’aller, à Pierre Ségade, une jeune fille l’air gitane, cheveux noirs, robe écarlate, est montée face à moi dans notre wagon. A Peyroux de telles filles n’existaient pas, elle était pour moi une curiosité que je ne pouvais quitter des yeux, sans doute avec tant d’insistance, qu’à la fin elle me dit « beueueu ! tu veux ma photo ! ». J’en rigole encore en me revoyant dans ce petit wagon plein de gens très prés les uns des autres, silencieux, mais quelle honte j’ai ressenti à ce moment là ! Sans doute, rouge comme une écrevisse cuite, je ne savais plus vers où tourner mon regard, il me semblait que tous me regardaient d’un air réprobateur.
Au retour, le train était arrêté dans une gare, et ayant repris mon assurance, je suis descendu sur la dernière marche du wagon pour voir comment se comportait l’ensemble du train au démarrage dans une courbe, et pour avoir une opinion plus sûre, je regardais vers l’arrière, en me penchant le plus possible vers l’extérieur me tenant d’une main à la rampe d’accès au wagon. Mon incompétence en matière ferroviaire ne m’avait pas permis de savoir qu’il y avait des panneaux plantés au bord des voies ferrées. Je l’ai très vite appris, brutalement, j’ai pris un coup derrière la tête contre le panneau, suivi d’un autre sur le nez contre le wagon. Cette péripétie était plus grave qu’à l’aller car j’aurais pu sous le choc lâcher la rampe et me retrouver sous les roues. Je remontais penaud dans le wagon où personne ne s’était aperçu de mon imprudence.
Je me souviens de la lenteur de ce petit train et des difficultés qu’il avait à gravir les pentes quand il était en surcharge. Cela lui arrivait les jours des fêtes à Lacaune. En montant vers le Tyoïs il patinait, le chauffeur envoyait sans arrêt du sable sous les roues motrices, et nous avions le temps- et puis c’était tellement amusant- d’aller arroser les herbes sur le bord de la voie, et de remonter sans trop de peine.
Cordonnier de Boissezon :
Je ne l’ai pas bien connu, par contre, j’ai très bien connu celui de Murat. Il s’appelait Barthés, mais on l’appelait« Anric dé la Pijé » il avait son échoppe près de l’horloger à gauche en allant sur Murat, juste après l’église. Quand j’allais à Murat, à pied bien sûr, je m’arrêtais pour prendre les leçons élémentaires de cordonnerie qu’il voulait bien me donner, mais surtout parce qu’il me promettait de me donner des guêtres en cuir. Elles étaient paraît il sur une haute étagère il m’a toujours dit qu’il les chercherait pour la prochaine fois, mais il n’a jamais tenu parole. Par contre, il m’a appris à coudre à l’intérieur de la chaussure, à partir de deux « pounjos dé lignor » soigneusement roulées sur le genou avec de la poix, les aiguilles faites avec un crin de sanglier fixées à une extrémité du ligneul imprégné de poix. Passer la main sur le crâne évitait que le ligneul colle à la main, mais cela allait bien pour lui qui était chauve et qui entretenait soigneusement assez de jus sous sa vieille casquette allergique au savon, mais moi j’avais beau passer et repasser ma main dans les cheveux, le ligneul collait toujours.
J’ai passé de nombreuses heures avec cet homme que j’appréciais beaucoup.
Frein de vélo :
Cette méthode était très appréciée par les ’’ paîbassols ‘’ quand ils venaient chercher des pommes de terre pendant la guerre. Au col de Font Froide le petit bois était coupé, mis en fagot et accroché derrière le vélo pour économiser les patins qui étaient en bois et n’auraient pas supporté de ralentir la charge jusqu’à Olargues, où certains malins attendaient les vélos pour récupérer le bois.

Plantation de résineux :
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé sur la vidéo, mon ami d’enfance Léon de la Ténésole. Nous étions de la même classe et nous partagions de bons souvenirs de jeunesse. Je lui avais vendu une pie que j’avais apprivoisée. Il me l’a payée avec quelques pièces et une broche volée à sa sœur représentant une grosse cigale. Cette transaction à été conclue pendant la messe à Condomines.
Un jour, il me dit que les sangliers lui ‘’ défataient ‘’ le blé et qu’il me fallait l’aider à s’en débarrasser. C’est, bien entendu avec plaisir, que je lui ai rendu ce service. Nous voilà partis un soir, chacun à un champ de blé différent, et vers une heure du matin je l’entends tirer un coup de fusil. J’allais le retrouver pour l’aider à ramener la bête. Je trouvais mon pauvre Léon catastrophé, il venait de tuer son meilleur chien de brebis qui était venu le rejoindre. Le malheureux chien noir et de forte taille, avait, dans l’obscurité, été pris pour un sanglier.
C’est aussi avec plaisir que j’ai revu son père. L’entendant parler de la guerre, j’ai pensé à mon grand père, qui, bien que plus âgé, avait comme lui, longtemps vécu dans l’enfer de Verdun et son terrible chemin des dames. Quant ils se rencontraient, c’était un interminable rappel de souvenirs de cette atroce guerre.
Le renard voleur de poules :
J’ai à plusieurs reprises, avec les copains, ‘’ passégé ‘’ d’une maison à l’autre, le renard tué par mon père pour récolter quelques pièces, une friandise, une cigarette ou un coup à boire, mais je ne me souviens pas avoir connu la moindre concession à l’égard de Goupil, ennemi juré des poulaillers.
Nous aurions encore beaucoup de choses à dire sur l’arrosage à la pelle, le pal, le péral, les toits en genêts qui amusent aujourd’hui, mais qui étaient très difficiles et pénibles à faire, le vol de bois où le détonateur était plus efficace mais plus dangereux que la poudre, etc…etc… mais tu m’as donné l’occasion d’assouvir mon désir de rappeler de vieux souvenirs comme aiment tant le faire les gens de mon âge.

Odette et moi avons appris sur le langage des cloches, l’estripa cat…, et enrichi nos connaissances sur ce que nous connaissions. Nous admirons surtout ton engagement sur les traditions de notre cher pays, en entraînant avec toi beaucoup d’autres, qui d’eux-mêmes se seraient abstenus et restés dans l’anonymat.
Odette et Roger

LA NOSTALGIE DU PETIT TRAIN CASTRES-MURAT À TRAVERS UN FILM DE 1943

Ce petit train est arrivé à Murat le 15 août 1911.Auparavant, c’était la croix et la bannière, le sénateur Louis Vieu élu de Castres puis de Murat, avait connu l’époque où pour aller de Castres à Murat, il fallait prendre la diligence. De ce périple, il disait “Aller à Paris, ce n’est rien, mais gagner Murat comme pour L’Enfer de Dante, il faut quitter toute espérance”. Phrase qu’il tenait de Lucien Couderc. La liaison Castres-Murat par le petit train, devenue effective en 1911, allait faciliter les déplacements. Ce petit train a fonctionné pendant un demi-siècle (remplacé dans la dernière partie par des autorails.
Sur YouTube, il y a un film remarquable tourné en 1943 et qui montre bien qu’il ne fallait pas être pressé !

Vidéo du petit train de LACAUNE:

LE REMÈDE AVEC LA VIPÈRE, PELÉE, SALÉE ET SÉCHÉE (Texte de 1989 d’Henri Cambon de Montredon)

Nos anciens ne voyaient pas souvent le médecin dans la région. Il y en avait à Lacaune, à Murat et à Nages (c’était M. Cavaillès, docteur et pharmacien, je l’ai très bien connu), mais les gens ne les appelaient que quand ils étaient à l’article de la mort. Des maladies, il y en avait autant que maintenant. Certaines personnes prétendent qu’il y avait moins de cancers. Je ne suis pas de cet avis, car beaucoup de cancers étaient ignorés, mais on entendait dire un mal de ventre l’a tuat, ou es mort de las coliquas de misere (appendicite).
Notre région a deux espèces de vipères, l’aspic, brun rouge et la vipère péliade, plus noire et plus grosse. Les couleuvres n’étaient employées que pour le bétail.
Quand on tuait une vipère, il fallait y couper la tête et la queue, car il paraît que celle-ci contient aussi du venin. Ensuite, on incisait la peau vers le centre et on tirait fortement de chaque côté. Il ne restait plus que la carcasse qui, après avoir été salée, était suspendue à un clou d’une poutre de la salle commune.
Quand on avait de la fièvre ou d’autres ennuis, on coupait deux à trois centimètres de vipère, on la faisait bouillir et on buvait ce breuvage qui paraît-il faisait transpirer abondamment.
Je vais raconter ici une anecdote qui prouve bien l’authenticité de ce que je dis. Ma femme a eu la rougeole à 35 ans et pendant trois à quatre jours avant, elle avait eu une forte fièvre. Le docteur Marc qui la soignait était très ennuyé. Il parlait de la faire hospitaliser. Or un matin, elle a été toute rouge : la rougeole était sortie. Quand le docteur l’a vue, il s’est mis à rire. Comme je lui en demandais la cause, il m’a dit quand j’ai eu la rougeole, ma grand-mère m’a fait boire de la soupe de vipère. Comme je lui demandais si ça lui avait fait du bien, il m’a eépondu, en tout cas, ça ne m’a pas tué.

Référence : Cahier n° 13 de Rieumontagné de janvier 1989

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